L’ONU et une commission indépendante accusent Moscou de crimes contre l’humanité en Ukraine, selon un rapport d’enquête

L’ONU et une commission indépendante accusent Moscou de crimes contre l’humanité en Ukraine, selon un rapport d’enquête

Accusations fondées sur des attaques par drones et des déplacements de population

Une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a publié, lundi, un rapport sur la situation en Ukraine. Le document attribue à Moscou des crimes contre l’humanité ainsi que des crimes de guerre, notamment à travers des attaques répétées de drones visant des civils et des déplacements forcés de population.

Portée géographique et actions examinées

Selon le rapport, les autorités russes auraient coordonné des actions visant à chasser les civils ukrainiens de leurs lieux de résidence, en menant des attaques de drones et en procédant à des expulsions et des transferts. Le texte évoque un « transfert forcé de population » et précise qu’une zone d’intervention s’étendait sur plus de 300 km le long du fleuve Dniepr, couvrant les régions de Dnipropetrovsk, Kherson et Mykolaïv.

Les auteurs indiquent que les attaques ont ciblé délibérément des civils et des biens civils, tels que des maisons, des points de distribution humanitaire et des installations énergétiques essentielles, contraignant des milliers de personnes à fuir. Le rapport dénonce également le fait que des ambulances et des pompiers aient été visés.

Élargissement des accusations et zones concernées

Initialement, fin mai, les enquêteurs avaient conclu que des attaques de drones russes dans une zone d’environ 100 km autour de Kherson relevaient du crime contre l’humanité de meurtre. Le nouveau document élargit cette accusation à une zone plus vaste le long du Dniepr, couvrant les oblasts de Dnipropetrovsk, Kherson et Mykolaïv et considérant ce cadre comme un crime contre l’humanité lié au transfert forcé de population.

Transferts forcés et déportations

La commission affirme aussi que la décision de chasser les civils des zones occupées dans la région de Zaporijia en 2022 et 2023 constitue des crimes de déportation et de transfert. Des personnes auraient été contraintes à marcher entre 10 et 15 kilomètres à travers une zone opérationnelle dangereuse afin d’atteindre les lignes ukrainiennes.

Depuis 2024, des civils auraient été déportés depuis Zaporijia vers la Géorgie via la Russie, avec interdiction d’entrée sur le territoire russe — qui inclut selon Moscou les régions ukrainiennes annexées — pour des périodes généralement comprises entre 20 et 40 ans, selon le rapport.

Méthodologie et cadre de l’enquête

La commission, qui ne s’exprime pas au nom de l’ONU et n’est pas reconnue par Moscou, n’a reçu aucune assistance officielle des autorités russes pour ce travail. Pour étayer ses conclusions, elle a interrogé 226 personnes, dont des victimes et des témoins, et examiné plus de 500 vidéos.