Marjorie Taylor Greene démissionne du Congrès et appelle à réfléchir à une politique plus neutre

Marjorie Taylor Greene démissionne du Congrès et appelle à réfléchir à une politique plus neutre

Annonce de démission et contexte politique

La parlementaire américaine Marjorie Taylor Greene, figure de la droite conservatrice et proche du mouvement MAGA, a annoncé vendredi soir sa démission de la Chambre des représentants. Cette décision survient après des dissensions avec le président à propos de sa gestion de l’affaire Epstein et peu après que Donald Trump a promulgué une loi le 20 novembre imposant la publication des documents officiels concernant cette affaire impliquant Jeffrey Epstein.

Dans une vidéo, Greene a expliqué: « J’ai toujours été méprisée à Washington. Je ne m’y suis jamais sentie chez moi. » Elle a aussi présenté publiquement ses excuses pour son rôle dans le paysage politique actuel et a prédit que « les républicains perdraient probablement les élections (législatives) de mi-mandat » en novembre 2026. Interrogée par CNN, elle a confié: « Je regrette d’avoir participé à cette politique toxique. C’est très mauvais pour notre pays. » Elle a reconnu que ses paroles et son comportement avaient contribué à la polarisation, et qu’elle s’efforçait désormais « d’enterrer la hache de guerre en politique ». Sa décision de démissionner a été présentée comme nécessaire tant sur le plan personnel que politique.

Parcours et engagements controversés

Née en 1974 à Milledgeville, petite ville du centre de la Géorgie, Marjorie Taylor Greene a grandi dans l’environnement d’une entreprise familiale spécialisée dans la construction. Diplômée en gestion d’entreprise, elle a ensuite dirigé une salle de sport avant de s’engager en politique en 2016. Deux ans plus tard, elle attire l’attention en diffusant en ligne des contenus relatifs à des théories du complot, notamment le mouvement QAnon, ce qui contribue à sa victoire en 2020 dans le 14e district de Géorgie et à son entrée au Congrès en 2021.

Parmi les déclarations qui ont alimenté les polémiques figurent l’affirmation que la tuerie de Parkland en 2018 serait une mise en scène, la remise en cause de la version officielle des attentats du 11 septembre et la suggestion que des feux de forêt en Californie auraient été déclenchés par des « lasers venus de l’espace ». Plus récemment, après un séisme sur la côte est, elle a publié sur X: « Des séismes, des éclipses solaires et bien plus encore vont arriver », interprétant ces phénomènes comme des signes venus d’en haut.

Réactions publiques et dynamiques au sein du camp républicain

Suite à la démission, l’ancien président Donald Trump a qualifié cette décision de « super nouvelle pour le pays » lors d’un entretien téléphonique avec ABC News et a suggéré que Greene « devrait être heureuse ». Il avait retiré son soutien à l’élue le week-end précédent, la qualifiant de « Marjorie La Traître Greene » et « Maggie la Dingue ». Greene a répliqué qu’elle « n’a jamais rien dû » à l’ancien président, ajoutant que sa loyauté envers le mouvement a été suivie de trahison. Dans une interview, elle a souligné que des termes comme « traîtresse » peuvent être dangereux et risqueraient de radicaliser des personnes contre elle et de mettre sa vie en danger.