Shutdown américain: risques pour les aéroports et tensions commerciales Canada‑États‑Unis
Contexte et tensions entre Ottawa et Washington
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé vendredi le retrait d’une campagne publicitaire télévisée critiquant la hausse des droits de douane imposés par les États‑Unis. Cette démarche est associée à la rupture des négociations commerciales entre le Canada et les États‑Unis, alors que des discussions sur l’acier, l’aluminium et l’énergie étaient en cours.
Selon Ford, après une entrevue avec le premier ministre canadien Mark Carney, l’Ontario suspendra sa campagne publicitaire aux États‑Unis à partir de lundi afin de favoriser la reprise des négociations. Toutefois, la diffusion de la publicité serait maintenue ce week‑end aux États‑Unis, notamment lors des deux premiers matches des finales du championnat nord‑américain de base‑ball, afin de bénéficier d’une audience élevée.
De son côté, Donald Trump a abruptement rompu les négociations commerciales avec le Canada, suscitant l’intervention du président américain qui cherchait à recentrer le dialogue alors que Mark Carney tentait d’apaiser la situation. Des médias évoquaient la possibilité qu’un accord concernant l’acier, l’aluminium et l’énergie puisse être conclu avant une rencontre envisagée entre Mark Carney et Donald Trump dans le cadre du sommet de la Coopération économique Asie‑Pacifique (Apec) en Corée du Sud.
Impact potentiel sur le trafic et les services publics
Des responsables républicains avertissent que la paralysie budgétaire pourrait provoquer des perturbations importantes dans le trafic aérien, avec un risque d’absentéisme accru chez les contrôleurs à l’approche des fêtes de Thanksgiving. Le centre Bipartisan Policy Center estiment qu’environ 700 000 fonctionnaires fédéraux pourraient rester employés sans être rémunérés jusqu’à la fin du blocage, dont plus de 60 000 contrôleurs aériens et agents de sécurité des transports.
Les autorités craignent des pénuries de personnel susceptibles d’entraîner retards et annulations de vols, ainsi que des files d’attente plus longues pour passer les contrôles de sécurité dans les aéroports. Mike Johnson, président républicain de la Chambre des représentants, a évoqué que quelque 19 000 vols avaient été retardés entre samedi et lundi, et que ce chiffre pourrait continuer à augmenter.
Appels à la prudence et avertissements internationaux
À Genève, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé les risques d’un dérèglement du système commercial mondial face à une dette mondiale croissante et l’insuffisance d’un filet de sécurité financière international. Il a souligné que la dette et la pauvreté demeurent des défis importants pour les pays en développement et que le cadre commercial fondé sur des règles pourrait être menacé.
Rythmes des marchés et évolutions économiques
Sur les marchés des matières précieuses, l’or a connu une volatilité marquée. Après avoir franchi un sommet historique à 4 381,52 dollars l’once, le métal jaune a ensuite dévissé jusqu’à environ 4 082 dollars, avant de rebondir autour de 4 126 dollars en milieu de soirée. L’argent et le platine ont également fléchi. Des analystes expliquent ce mouvement par l’espoir d’un accord entre les États‑Unis et la Chine, qui pourrait diminuer la demande d’actifs refuges. Pendant ce temps, l’euro flirtait avec 1,16 dollar.
Dans le secteur des entreprises, Adidas a relevé ses prévisions pour 2025 après une croissance solide au troisième trimestre, tablant sur un bénéfice opérationnel d’environ 2 milliards d’euros et une hausse du chiffre d’affaires ajusté autour de 9 %.
Projections et débats en Europe et en Suisse
La France et l’Espagne ont réaffirmé leur soutien à l’interdiction, prévue pour 2035, de la vente de voitures neuves à moteur thermique dans l’Union européenne, une mesure emblématique du Pacte vert européen. L’Allemagne conteste toutefois cette position et pousse à l’assouplissement, alors que la Commission européenne affirme maintenir le cap et se penchera sur le sujet dès la fin de l’année. Une réévaluation de la mesure est programmée en 2026 afin d’évaluer ses effets et d’éventuelles flexibilités.
Par ailleurs, la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, soutenue par la gauche et présentée comme un outil de justice fiscale, a été rejetée en commission des Finances. Un nouveau débat est attendu à l’Assemblée, avec la présence du Premier ministre Sébastien Lecornu. Le dispositif prévoit un impôt minimum de 2 % sur les patrimoines nets d’au moins 100 millions d’euros, et inclurait les patrimoines professionnels. Des opposants soulignent le risque pour l’entrepreneuriat.
Relations avec la Chine et évolutions géopolitiques
Donald Trump a indiqué qu’il se rendrait en Chine au début de l’année prochaine pour rencontrer le président Xi Jinping, en marge du sommet APEC. Il a aussi exprimé des doutes quant à une éventuelle invasion de Taïwan par la Chine et estimé que les enjeux commerciaux avec Pékin pourraient évoluer favorablement.
Crises budgétaires et sécurité nationale
Vingt jours après le début de la paralysie budgétaire, ses effets s’étendent à plusieurs secteurs. L’agence nationale de sécurité nucléaire (NNSA) pourrait placer environ 1 400 fonctionnaires fédéraux au chômage technique, avec moins de 400 restant en poste pour assurer la maintenance des ogives nucléaires. Des sources internes indiquent toutefois qu’aucune menace immédiate pour la sécurité nationale n’est à craindre pour le moment.
Par ailleurs, le secrétaire au Trésor a déclaré que les tensions commerciales avec la Chine semblaient s’être apaisées et qu’il allait échanger par téléphone avec son homologue chinois à propos des négociations en cours. Donald Trump a confirmé son intention de rencontrer Xi Jinping en Corée du Sud, autour du sommet de l’APEC, lors d’une interview diffusée sur Fox News.
Transport, industrie et innovations
Sur le front industriel, le groupe britannique Royal Mail, acquis plus tôt cette année par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a été sanctionné d’une amende de 21 millions de livres par l’autorité de régulation Ofcom pour des retards importants dans la livraison de lettres. L’opérateur a promis des améliorations concrètes et durables.
Du côté automobile, Stellantis a annoncé un investissement massif de 13 milliards de dollars sur les quatre prochaines années aux États‑Unis, visant à augmenter la production de 50 % et à créer plus de 5 000 emplois. Le plan prévoit le lancement de cinq nouveaux véhicules et « dix‑neuf actions » dans les chaînes de produits d’ici 2029, avec une relance potentielle de l’usine de Belvidere (Illinois).
Développements obligataires et indicateurs régionaux
En Europe, les taux français à 10 ans ont reculé après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites par le Premier ministre Sébastien Lecornu, marquant une possible détente sur les marchés. Le rendement français s’établissait autour de 3,39 %, contre 3,47 % la veille; l’écart avec l’Allemagne se resserrait à 0,78 point de pourcentage, signe d’une diminution des tensions sur la dette française.
Sur le plan aéronautique, le modèle 737 de Boeing, dont le premier exemplaire datait de 1968, a été dépassé par l’A320 d’Airbus, livré en 1988. Boeing a annoncé avoir livré 55 avions en septembre, dont 40 737 MAX, portant le total à 12 254 exemplaires depuis le début de la production.
Perspectives mondiales
Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance mondiale légèrement supérieure à ses estimations précédentes pour 2025, à 3,2 %, et à 3,1 % en 2026, malgré les tensions commerciales et les risques de fragmentation. Aux États‑Unis, les droits de douane devraient freiner légèrement l’activité, avec une croissance anticipée autour de 2 % cette année et 2,1 % l’an prochain.
Heineken et réorganisation
Le brasseur néerlandais Heineken a annoncé une restructuration majeure de son siège à Amsterdam, avec la suppression ou le transfert de 400 postes et le déploiement de 40 plateformes numériques pour exploiter davantage les données et accélérer l’innovation. Le siège d’Amsterdam deviendra, dès l’an prochain, un centre stratégique plus ciblé, avec des impacts sur l’emploi.
Récapitulatif des enjeux
En résumé, la paralysie budgétaire américaine continue d’étendre ses effets sur plusieurs secteurs, de la sécurité nationale à l’aérien, en passant par les échanges commerciaux et les marchés financiers. Si les discussions Canada–États‑Unis cherchent à reprendre leur cours, les analystes soulignent que les fondamentaux économiques restent soumis à de fortes incertitudes liées aux droits de douane et à l’évolution géopolitique.