T-shirt controversé avec symbole nazi à Lausanne : enquête pour discrimination en Suisse

T-shirt controversé avec symbole nazi à Lausanne : enquête pour discrimination en Suisse

Contexte et faits essentiels

Andy West, entrepreneur lausannois et fondateur du Taco’s Bar et de Libertad Wear, a mis en ligne un T-shirt portant l’inscription «Fuck ISSraël».

Le choix du motif intègre le «SS», référence à l’emblème de la Waffen-SS, branche militaire de l’Allemagne nazie, dans un contexte de conflit au Moyen-Orient.

Une enquête pour discrimination et incitation à la haine a été ouverte à son encontre et il devra s’expliquer devant la police.

Réactions et arguments autour de l’objet

Andy West déclare qu’il ne vise personne en particulier mais l’État et affirme être «profondément choqué» et qu’il avait pensé pouvoir dénoncer ce qui «ne va pas ailleurs» sans restreindre les libertés. Sur Instagram, il affirme dénoncer les violences subies par les civils à Gaza et soutient que le parallèle avec l’État d’Israël est une critique politique.

Selon lui, le vêtement est «engagé» et son objectif serait d’attirer l’attention sur un drame humanitaire; il précise toutefois qu’il n’a pas l’intention d’attaquer une communauté sur le plan religieux ou ethnique. Il ajoute que, sur un mois, environ 80 personnes ont acheté ce T-shirt et que les bénéfices sont reversés aux civils de Gaza. Il affirme qu’environ 200 dollars ont déjà été envoyés.

Réaction de la Cicad

La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) a dénoncé le cas, estimant que le T-shirt est «détestable» et se montrant satisfaite de l’intervention des autorités. Le secrétaire général Johanne Gurfinkiel juge que l’utilisation de ce symbole banalise les crimes du nazisme, nuit à la mémoire des victimes et menace les valeurs démocratiques, et affirme que sa diffusion contribue à légitimer l’idéologie nazie dans l’espace public.

Selon elle, on observe «une escalade dans la stigmatisation» qui va au-delà d’une simple critique politique et viserait à discriminer l’ensemble d’une population avec haine. Elle ajoute que le problème réside dans l’association de symboles nazis pour stigmatiser l’ensemble des Israéliens, ce qui serait une expression d’antisionisme contemporain.

Suites judiciaires et contexte additionnel

La justice tranchera dans les semaines qui viennent sur le fond de l’enquête pour discrimination et incitation à la haine.

À noter qu’une boutique appartenant à Andy West a été cambriolée puis incendiée en septembre dernier, épisode qui intervient dans le même contexte médiatique.