Zelensky appelle Trump à négocier la paix en Ukraine après l’accord sur Gaza, en s’inspirant d’un modèle « au Moyen-Orient »

Zelensky appelle Trump à négocier la paix en Ukraine après l’accord sur Gaza, en s’inspirant d’un modèle « au Moyen-Orient »

Contexte et appel à la paix en Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté samedi son homologue américain Donald Trump à engager des discussions en vue d’un cessez-le-feu en Ukraine, après l’obtention d’un accord sur Gaza et au moment où la Russie poursuit ses bombardements et vise le système énergétique ukrainien.

Sur les réseaux sociaux, Zelensky a indiqué avoir félicité Trump pour le succès et l’accord sur le Moyen-Orient qu’il a obtenu, ajoutant que l’entretien téléphonique avait été « très positif ». Il a ajouté que si un conflit peut être arrêté dans une région, d’autres crises peuvent être arrêtées, y compris celle qui oppose l’Ukraine et la Russie.

Le contexte sur le terrain et les dégâts

Cette conversation a eu lieu au lendemain d’un pilonnage d’envergure visant le système énergétique ukrainien, qui a plongé Kiev et neuf autres régions dans le noir. Des explosions ont été entendues dans la capitale et d’autres zones, et le gouvernement a déclaré que l’infrastructure énergétique était visée par des frappes massives.

Dans la région de Zaporijia, un garçon de sept ans est mort à la suite d’une frappe nocturne et trois personnes ont été blessées, selon le gouverneur local. Des autorités locales ont évoqué des dégâts sur une centrale thermique desservant Kiev.

Réactions et dimensions diplomatiques

Par ailleurs, Melania Trump a annoncé l’ouverture d’un canal de communications avec le président russe Vladimir Poutine sur le bien-être des enfants ukrainiens que Kiev affirme avoir été enlevés, précisant que ce canal est né d’une lettre remise par son mari lors du sommet d’Alaska en août.

Du côté américain, Donald Trump a déclaré qu’il « augmentait la pression » pour mettre fin au conflit, et que cette pression était renforcée « ensemble ». L’ambassadrice ukrainienne auprès de l’OTAN a souligné que les Européens ne pouvaient pas remplacer les livraisons d’armes américaines en termes de modèle, de volume et de rapidité, et que ces armes restaient cruciales, notamment pour la défense aérienne.

Le vice‑ministre russe des Affaires étrangères a estimé que la dynamique issue de la rencontre d Anchorage entre Poutine et Trump était « largement épuisée », imputant l’impasse à des actions européennes et déplorant des relations russo‑américaines « fissurées ». Selon lui, ce sont les Européens qui ont gêné les pourparlers.

Échanges de prisonniers et bilan humain

Les autorités des deux pays ont annoncé un échange de 185 prisonniers de guerre de chaque camp, accompagné de la remise de 20 civils, selon les communications officielles. Zelensky a précisé que des soldats et officiers ayant combattu lors du siège de Marioupol en 2022 ou lors de l’incident de Tchernobyl ont été rapatriés, et qu’au total plus de 7 000 de ses compatriotes avaient été ramenés à leur domicile depuis le début de l’invasion.

Les échanges restent l’un des rares domaines de coopération et ont été l’un des résultats concrets des discussions à Istanbul entre mai et juillet.

Considérations sécuritaires et avertissements

Lors d’un sommet de la Communauté politique européenne à Copenhague, Zelensky a averti que les récentes violations de l’espace aérien par la Russie et le déploiement de drones en Europe démontrent que Moscou est prêt à une escalade et que les attaques ne se limitent pas à l’Ukraine.

Par ailleurs, l’Ukraine a rompu ses relations diplomatiques avec le Nicaragua après que ce pays a reconnu la prétendue souveraineté russe sur cinq territoires ukrainiens occupés; des accords commerciaux signés en septembre entre le Nicaragua et ces régions ont été mentionnés.

Enjeux militaires et déclarations russes

Poutine a évoqué l’éventualité d’une escalade si Washington autorisait l’usage de missiles Tomahawk, affirmant que leur déploiement impliquerait directement les forces américaines et représenterait une nouvelle escalade dans les relations russo‑ américaines.

Le président russe a aussi décrit l’interception d’un pétrolier au large des côtes françaises comme de la « piraterie », tout en précisant qu’il n’avait pas connaissance de liens certains avec la Russie et que le navire naviguait sous pavillon d’un pays tiers.

En outre, il a accusé l’Ukraine de mener des frappes près de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia et a promis une riposte contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Il a aussi évoqué la « militarisation croissante de l’Europe » et promis une réponse « très convaincante », rappelant que la Russie n’a jamais initié de confrontation militaire et soulignant des divergences persistantes avec les États‑Unis.

Enfin, l’orateur a rappelé que 251 drones ukrainiens avaient été interceptés par l’armée russe au cours d’une nuit d’opérations et a évoqué des campagnes massives visant les sites de gaz, selon Naftogaz, la société nationale.